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Documents Exclusifs: La réponse du Cameroun à ses détracteurs et à Amnesty

Voici ce que le gouvernement Camerounais compte faire après la publication d'une vidéo de militaires zélés et en réponse à Amnesty.

Entre une vidéo montrant des soldats faisant ramper dans la boue des étudiantes et un rapport d’Amnesty International à charge contre la gestion de la lutte anti-terroriste par l’armée, plusieurs sources nous ont transmis des documents inédits et exclusifs. Ce sont des documents internes qui circulent entre les ministères et les ambassades et qui montrent que ce pays d’Afrique centrale semble adopter une stratégie de communication nouvelle et intelligente. Fini les « blackout » sur l’information – bienvenue aux réponses stratégiques ciblées et intelligentes.

Depuis ce matin, plusieurs de nos sources en Afrique nous ont fait parvenir une vidéo devenue virale grâce aux réseaux sociaux. LeWeek a obtenu des informations non-publiées de la part de haut-responsables gouvernementaux et militaires camerounais. Mais avant tout, il faut rappeler les faits et le contexte.

Le contexte

Depuis 2016, des groupes terroristes sécessionnistes commettent des tueries, des pillages et des sabotages. Ces organisations ont pour revendication le fait que dans leurs régions (nord-ouest et sud-ouest du Cameroun), la langue principale est l’anglais alors que tout le reste du pays parle français. Ils parlent donc principalement anglais et veulent faire sécession, pour y arriver ils ferment les écoles, tuent les professeurs, kidnappent les élus locaux et détruisent les infrastructures nationales (station électrique, station de pompage des eaux, etc.). Fake news ? non, la France évite le sujet et les petits rédacteurs en chef aux ordres suivent. Pas chez LeWeek !

Dans ce contexte, l’armée (militaires, gendarmes, forces d’élite) est mobilisé et tente de faire régner l’ordre et la sécurité. Pourtant, un autre élément s’est invité dans le débat public, et pas des moindres.

La vidéo

La vidéo a visiblement été tournée par un militaire. On y voit ses collègues en train de punir des civils – en l’occurrence, avec un exercice bien connu des soldats: ramper dans la boue – en agissant de la sorte, les soldats ont volontairement humilié la population locale – et outrepassés leurs droits et leurs devoirs.

Peu importe ce que ces civils ont fait, au Cameroun comme ailleurs il existe des lois et une justice, et ce n’est pas à quelques militaires petits kapos du dimanche de décider d’une punition, ni même de son application.

Autant dire que sur les réseaux sociaux et sur les groupes WhatsApp (application très populaire au Cameroun), tout le monde ne parle que de cette vidéo. Des groupes terroristes s’en servent donc pour monter la population contre l’armée, et des ONG tentent de s’ingérer dans la politique nationale.

La réaction du gouvernement

Pour l’heure, personne n’a communiqué. Ni le Président, ni l’armée, ni le ministre de la défense, ni le porte-parole du gouvernement. Mais LeWeek.info est en mesure de révéler des informations concernant les mesures que le gouvernement camerounais va prendre. Nos sources au cœur du pouvoir nous ont fait parvenir un document exclusif.

Ce document interne et confidentiel a été distribué aux principaux membres du gouvernement il détaille les actions à venir face à cette faute grave et aux manipulations autour de la vidéo par des groupes terroristes.

En voici une copie partielle.

Ainsi, si le gouvernement ne semble pas vouloir communiquer en externe pour le moment (pour ne pas affaiblir l’armée alors que des opérations anti-terroristes sont en cours) il n’en demeure pas moins que cette vidéo a fait réagir immédiatement les ministres concernés:

  • Le Ministère de la Défense a ouvert une enquête la une vidéo. Il admet la probable véracité des faits et explique qu’ils sont punissables.
  • Si les auteurs de ces faits sont réellement coupables comme on pourrait le croire, ils seront
    jugés et condamnés.
  • L’armée s’engage à créer une formation spécifique qui sera dispensée à tous les soldats,
    visant à leur rappeler les règles d’encadrement des opérations armées selon les conventions.
  • Le gouvernement garde pleine confiance en ses Forces de Défense qui donnent leur vie pour
    la sécurité, la stabilité, et la prospérité de tous les camerounais.

La réponse à Amnesty International

Autre sujet de préoccupation pour les camerounais, le rapport d’Amnesty International publié il y a 2 jours dont voici le lien du document.

Amnesty est une ONG que l’on ne présente plus et dont les objectifs, nous le savons aussi, sont liés a des membres militants d’extrême gauche. On ne peut pas donc en vouloir à des militants d’extrême gauche de vouloir faire la révolution dans un pays qui n’est pas le leur, point de jugement, juste des faits.

Mais alors que le Cameroun pouvait tout simplement ignorer ce rapport – rapport ayant pour but d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les bavures de l’armée, nos sources nous ont transmis un autre document interne à l’administration camerounaise. Le but du gouvernement : Utiliser le rapport d’Amnesty International pour dénoncer les organisations terroristes qui agitent le pays et justifier les opérations anti-terroristes en cours:

Avec agilité, le rapport du gouvernement reprend et cite en détail des pages entières de l’enquête d’Amnesty, et « prouve » que ses actions sont justifiées et nécessaires.

C’est, à notre connaissance, la première fois qu’un pays d’Afrique à l’intelligence de contrer un rapport d’Amnesty avec les armes d’Amnesty (non pas en le dénonçant ou l’ignorant, mais en l’utilisant). Bien entendu, il est impossible pour le Cameroun de faire aussi bien que cette ONG. Alors plutôt que de répondre avec du silence ou du mépris, le Cameroun à visiblement compris qu’une réponse aussi « mesquine » que le rapport d’Amnesty aurait plus de force que le mépris de l’ignorance.

Affaire à suivre donc…

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