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La traque des djihadistes français : Quand sonne l’hallali

EXCLUSIF. Ils sont des centaines de français, quelques francophones aussi. Les services français les traquent aux confins de l'Irak et de la Syrie. Leur mission : ces hommes ne doivent pas rentrer au bercail, et tous les moyens sont utilisés pour les neutraliser. Une enquête de Jean-Paul Ney.

Nous sommes en 2016, Jérémy un journaliste français reçoit un coup de fil sur sa messagerie Signal, au bout du fil, Abdel le copain d’enfance de Malik (les prénoms ont été changés), il explique que son ami est poursuivi par la police de l’Etat Islamique, qu’il est en fuite et qu’il veut bien se « rendre aux autorités françaises le plus rapidement possible, même à une ambassade ». Le journaliste en question, proche de Abdel, est toulousain, il promet de faire quelque chose rapidement et raccroche. Dans la foulée, le reporter rompu au suivi des djihadistes toulousains – en contact régulier avec les policiers de l’antenne locale de la DGSI (direction générale de la sécurité intérieure) – appelle son contact et lui expose la situation. Le lendemain tombe sur sa messagerie la réponse cinglante du policier du contreterrorisme : « nous ne pouvons rien faire, qu’il se rapproche d’un consulat, à vrai dire ton pote est dans la merde, je sais qu’il ne rentrera pas ».

« On neutralise, on liquide »

Cet échange, que LeWeek s’est procuré, est édifiant tant il montre bien que la gestion des retours possède deux faces : l’une publique et politique qui démontre une certaine bienveillance, une deuxième chance accordée, un pardon officiel, et l’autre face plus sombre, secrète, celle de la guerre de l’ombre contre les retours, celle des non-dits où se diluent les droits humains et de la guerre pour laisser place au droit d’une nation à se défendre coûte que coûte face à l’ennemi islamiste et ses soldats soient-ils des citoyens français. « Ils ont choisi de faire la guerre à la France, qu’ils en payent le prix, vous ne pouvez pas partir, tester le club med ‘all inclusive’, puis dire ‘ça ne me convient pas, je reviens’, nous savons entre professionnels que ces djihadistes ont reçu un entrainement, ont la haine dans les tripes et qu’ils sont des Kouachi en puissance, capables de se fondre dans la masse, de faire leur temps en taule, de se réinsérer, puis un jour de frapper, c’est donc non. Pas de retours pour certains, pour une majorité même. » explique à Paris lors d’une rencontre l’un des responsables contreterrorisme dont le cœur de métier depuis trois ans est de « profiler » la dangerosité des candidats au retour pour les services extérieurs, la DGSE. Et si le doute s’installe suite à un profilage ? « On neutralise, on liquide » rajoute le deuxième homme, l’un de ses proches collaborateurs, aujourd’hui intégré à l’Elysée. Pour cette rencontre, pas d’enregistrement, ni de « off », tout ce que pouvaient dire mes contacts serait écrit noir sur blanc, alors on parle ouvertement.

Sous-traiter main dans la main

« C’est bon, les loups sont venus ici, c’est clean »

« Tu veux que je te dise ce qui a changé ? C’est que nos gars du S.A (service action) travaillent main dans la main avec nos forces spéciales, sur plus de quatre pays, et ça, cette nouvelle doctrine, c’est depuis le Mali et la traque des djihadistes là-bas que toute la méthode a été rodée, on tourne à plein gaz, le cycle du renseignement ronronne comme un bon vieux gros chat et surtout, le S.A fait son travail sans embuches politiques, mais avec un plus : on travaille main dans la main avec les irakiens, c’est comme une formation continue, tu sais, même les américains n’ont pas le réseau humain qui nous appuie pour traquer le moindre djihadiste, ils ont perdu pied, nous avons la maitrise des source humaines sur le terrain. »

La France et la Jordanie ont entrainé les forces spéciales irakiennes, une fois opérationnelles, les français et les irakiens ont traqué ensemble les djihadistes arabes et surtout français. (Photo MOD Iraq).

Si vous pensez que tout se termine en face à face comme dans un bon vieux western, c’est faux, les hommes du Service action de la DGSE sont plus subtils : « ce sont des loups, ils chassent en meute, par trois, par quatre, parfois ils parlent avec leurs copains des forces spéciales françaises puis disparaissent. Très souvent quand on arrive sur une zone comme à Mossoul par exemple, ils sont déjà passés par là, on n’en trouve pas la trace mais nos chefs disent ‘c’est bon, les loups sont venus ici, c’est clean, ils ne recherchaient que celui-ci ou celui-là’ au début on souriait, maintenant, on en joue et on essaye de les repérer, sans succès » raconte à LeWeek un membre de la Gold Division, de l’armée irakienne, dont un groupe est spécialement dédiée au renseignement et à la capture des djihadistes. Personne ne dit qu’il faut appuyer sur la détente, les loups de la DGSE traquent, encerclent puis agissent, comme on leur a appris non loin de Perpignan : poser des pièges explosifs, piéger un véhicule, tuer à distance avec un tir précis et silencieux, réclamer une frappe tout en marquant la cible au laser. Souvent les loups ont faim, alors ils sont appelés par les gradés de l’armée irakienne qui ont capturé des djihadistes francophones, c’est arrivé à plusieurs reprises. Ils interrogent, font des photos et laissent le colis aux irakiens, un allé-simple pour le Jahannam, l’enfer en arabe.

La mort aux trousses

Ils ne se cachent plus dans la presse, ni aux yeux du monde, les irakiens le disent « nous avons tué tout ce qui bougeait : hommes, femmes, enfants », en effet, l’entrée à Mossoul s’est faite tel un bulldozer ou un rouleau compresseur, emportant coupables et innocents dans maelström vengeur, celui des petits frères du massacre de Tikrit et de la rivière rouge du sang des soldats irakiens exécutés lâchement en juin 2014. D’ailleurs l’une de nos sources a vu mourir son frère sur la fameuse vidéo où les islamistes massacrèrent plus de 1500 personnes : « le temps de la vengeance doit passer, vous avez bien liquidé les nazis et leurs collaborateurs lors de la libération de Paris ? j’ai lu l’histoire, il n’y a pas eu de procès dans les premiers jours » justifie Jahmir face à face sur Skype. Lui qui avoue avoir liquidé puis arrêté des djihadistes à bout de souffle « des occidentaux, des arabes occidentaux, belges et français, oui nous les avons remis aux autorités irakiennes, je sais que beaucoup ne sont jamais arrivés au centre de détention, car des français et des allemands des services secrets étaient toujours là avec les chefs ». Qui sont donc ces hommes occidentaux sans uniformes, arabisants pour certains ? « Nos gars, te dire qu’on est pas sur zone ? on ne tricote pas, notre métier c’est le renseignement, point. Ces hommes récoltent du renseignement, des documents et des preuves, des traces ADN, passeports, papiers divers, photos, supports informatiques, franchement la com’ de la boite te dira qu’elle ne répondra pas à ta question, pourtant c’est la guerre, et l’un des berceaux du djihadisme pour la menace de la sécurité de la France, notre boulot c’est d’y être et de renifler » explique une source du renseignement.

Des loups qui chassent, qui traquent de nuit comme de jour, qui suivent à la trace, en petits groupes de choc, clandestinement, et qui pourtant vont au contact des locaux et des autorités, avec la bénédiction du gouvernement irakien. Leurs cibles ? des noms, des kunyas (noms islamiques) et des photos, 25 à 30 français, des hommes connus de la DGSI et de la DGSE : « c’est bien simple, les combattants djihadistes présents sur cette liste ne doivent ni être arrêtés, ni remis à une autorité consulaire ni à une ONG ni aux autorités locales, ils sont purement et simplement neutralisés, explique un membre des forces spéciales françaises qui a croisé le chemin des loups de la DGSE, je peux vous dire que quelques-uns se battent jusqu’au bout, ne veulent pas se rendre, donc ça facilite le travail. »

Abou Uthman l’égorgeur français

« Tout se jouait sur l’effet de surprise et la terreur psychologique »

Dos Santos est présumé mort, certains loups de la DGSE n’y croient pas et le traquent. (Photo Twitter).

Dans un certain milieu journalistique restreint, des photos circulent, des informations, puis des listes, au milieu de ces cibles des loups du Service action, je reconnais un visage : Mickael Dos Santos, ce franco-portugais de Champigny qui menaçait la France sur Twitter et jouait au foot avec les têtes des victimes qu’il venait d’égorger. Le même qui me menacera en fin 2014 après avoir diffusé son identité dans un reportage télévision (M6) et sur les réseaux sociaux. Au fil du temps, Abou Uthman alias Abdel Wadoud, était devenu un élément français incontournable pour Daech : vif, intelligent, s’adaptant à tout type de situation, ayant appris l’arabe sur place très rapidement (avec deux accents), religieux, obéissant, Dos Santos a brillé sur les champs de bataille en Syrie, il a passé quelques temps en Irak mais surtout a perdu tous ses copains, dont l’autre franco-portugais, Mikael Batista, mort sur le champ de bataille de Kobané lors d’un bombardement très précis de la coalition en janvier 2015. Dos Santos y échappera car il avait alors été envoyé en mission à Jarabulus, en Syrie près de la frontière turque pour – on le sait aujourd’hui – y accueillir des français venus combattre en Syrie et rejoindre les rangs de l’Etat Islamique : « Dos Santos a grimpé dans les échelons de l’organisation très rapidement, les services se sont très vite intéressés à lui, surtout que plusieurs plaintes avaient été déposées à son encontre » explique Philippe, un policier qui a travaillé sur son cas. En novembre 2014, Dos Santos se retrouve dans les dossiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), de la DGSI, de la Brigade criminelle et, forcément, de la DGSE, des procédures sont lancées contre lui par le parquet anti-terroriste, mais comme pour une majorité de dossiers, l’enquête est juste ouverte, elle n’avance pas, sauf pour le renseignement extérieur qui un an plus tard, en novembre 2015 le place sur la « kill-list », le Service action est chargé de le neutraliser, car le franco-portugais est devenu un leader au sein des francophones de Daech, à plusieurs reprises les écoutes transnationales de la DGSE captent des conversations téléphoniques avec ses proches en France, et surveillent des comptes email et Skype. « On a rapidement senti qu’il prenait du galon, nos analyses et les renseignements sur place nous ont appris deux choses après le 13 novembre 2015, Dos Santos (MDS dans les rapports, nda) bénéficiait d’une aura sans commune mesure avec celle de Abaaoud, il est plus intelligent et plus violent, les responsables de Daech lui ont demandé de monter une opération en France et très rapidement le petit groupe de commandos qu’il a entrainé se sont aguerris sur différentes zones de combats mais sporadiquement, ils étaient bien armés, mobiles et autonomes et avaient la confiance des supérieurs hiérarchiques de Daech. C’est lui qui a mis au point cette méthode : bouger, ne pas rester longtemps sur la même zone, se déplacer régulièrement sans communiquer avec les supérieurs mais en bénéficiant du renseignement de Daech presque en temps réel. On estime que son groupe a échappé à plusieurs bombardements de la coalition, la meute écumait les villages tant en Syrie qu’en Irak, ils se sont placés sur la frontière à cheval entre les deux pays, se sont endurcis jusqu’au jour où nous les avons bombardés : Dos Santos a été légèrement blessé, a perdu beaucoup d’hommes, il a du tout recommencer. Ce bombardement a certainement neutralisé des gens qui allaient revenir en France, qui étaient prêts à passer à l’action » explique notre source du renseignement à Paris.

Dos Santos et ses twits ridicules ont été surpassés par les appels aux loups solitaires de Rachid Kassim sur Télégram.

Tombé presque en désuétude, Dos Santos se soigne en Syrie mais Daech le force à prendre une retraite de quelques mois, les stratèges se concentrent sur les loups solitaires et Rachid Kassim est alors projeté sous les feux de la rampe : il appelle au « djihad personnel », ça marche presque, même si les opérations sont des échecs (Ines Madani et les bouteilles de gaz, par exemple) il impose la crainte, il gagne sur le terrain psychologique et recrute à tout va des ados apprentis-djihadistes sur la messagerie Telegram. Kassim devient très vite le symbole de la jeunesse pro-djihad de France et est placé sur une kill-list HVT (High Value Target) par la CIA et le Pentagone à la seconde où il demande à ses nombreux suiveurs de s’attaquer à l’Amérique et à ses citoyens. La France ne moufte pas, les américains veulent agir, frapper vite et fort, son dossier à la DGSE passe aux Pentagone dans le cadre d’un programme d’échange de renseignement sur les djihadistes, derrière le rideau les autorités françaises se frottent les mains, et ils ont raison : le 15 février 2017 la DGSE confirme que Kassim est mort à Mossoul lors d’un bombardement ciblé début février, l’ADN a parlé, c’est un agent local recruté par la DGSE qui ira récupérer l’échantillon au péril de sa vie. Ledit échantillon envoyé aux militaires américains pour clore leur dossier. Kassim est parti en fumée (son et lumière, comme on dit couramment dans les forces spéciales), reste une trentaine de profils beaucoup plus discrets et dangereux, des francophones prêts à tout, dont certains ont fait partie d’un programme secret de Daech, au combien hermétique pour éviter toute fuite d’information et de pénétration des services de renseignement. Sauf que l’obsession administrative de Daech fera tout le travail des services « une mine d’or, des photos, des documents, une cartographie des djihadistes qui devaient être projetés en occident et dans certains pays arabes » précise une source militaire française. Dans cette bataille de l’ombre pour le renseignement on n’a jamais vu autant de moyens déployés et de vieilles méthodes fonctionner côte à côte avec les nouvelles technologies : le renseignement humain, l’infiltration informatique, le renseignement spatial et la guerre de l’information (désinformation, intoxication…) tout était bon pour ne pas laisser le temps à l’organisation et à ses djihadistes de pouvoir se réorganiser après chaque coup de boutoir.

Terroriser l’ennemi chez lui

Pendant des années, surtout de 2015 à 2017, un seul groupe des forces spéciales occidentales a semé la terreur au sein même de l’organisation : les SAS britanniques se sont infiltrés de nuit en Syrie, en Irak, le plus souvent sous le nez de la coalition, certaines opérations resteront sans doute secrètes à jamais. Leur but a été de semer la terreur de nuit en attaquant par surprise uniquement des camps d’entrainement djihadistes dans des opérations mémorables de contre-guérilla adaptées au contre-terrorisme. Aucune opération de sabotage ni de bombardement, juste des ombres de la mort surgissant tous feux éteints pour abattre dans le silence absolu des compensateurs au bout des MP5 – armes idéales de la guerre des dix derniers mètres – les djihadistes à majorité européens et surtout britanniques : « La Grande Bretagne a décidé seule comment gérer et traiter le problème de ses propres djihadistes, le SAS est devenu en quelques mois le spécialiste de ce genre d’opération qui parait très risquée, mais totalement maitrisée, les camps étaient assez loin pour ne pas pouvoir recevoir de renforts en moins de vingt minutes, ils étaient souvent équipés d’armes individuelles silencieuses et de visions nocturnes mais tout se jouait sur l’effet de surprise et la terreur psychologique » raconte un membre des forces spéciales françaises qui a eu l’occasion de s’entrainer ses collègues des SAS. Très peu d’information a filtré sur ces opérations dans la presse, les seuls articles parus étaient validés par le gouvernement britannique pour parfaire d’enfoncer l’écharde de la terreur dans les cerveaux des djihadistes, une seule information confirmée par notre contact français : En 2016 une opération de ce genre a décimé 16 djihadistes en moins de 10 minutes, exfiltration comprise… Terroriser les terroristes, Pasqua serait enchanté.

La liste des 173

La liste confidentielle de Interpol.

Le 23 juillet dernier, Interpol précise disposer d’une liste de 173 djihadistes kamikazes susceptibles de frapper l’Europe. Elle est largement diffusée aux services anti-terroristes et au contreterrorisme. Dans cette liste, que nous nous sommes procurés en exclusivité, figure un seul français parmi des Allemands, des Hollandais, des Palestiniens, des Iraniens, des Tunisiens, des Algériens… Abou Ibrahim Al Faransi est né en 1997, placé de facto dans la « kill-list » de la DGSE au cas où. Ces 173 kamikazes font partie de cette deuxième vague, une majorité née au milieu des années 1990, ils sont jeunes (une moyenne de 22-25 ans) le doyen est né en 1970, le plus jeune en 2002. Cette liste a été établie suite à des opérations de l’armée irakienne et des services de contreterrorisme irakiens mais aussi des américains, Interpol précise que ces commandos suicides « ont été formés pour construire et positionner des engins explosifs improvisés afin de causer de graves décès et des blessures, il apparaît que ces sujets ont manifesté la volonté de commettre une attaque suicide ou en martyre. On croit qu’ils peuvent voyager à l’étranger, participer à des activités terroristes ». Personne ne sait où ils sont et le premier rempart contre ces menaces sont les opérations de neutralisations extra-judiciaires ciblées, autrement dit des « opérations homo » pour le bras armé de la DGSE, les loups du Service action qui au moment où nous écrivons ces lignes traquent sans relâche leurs proies aux confins des sables du Sham.

 

Revenants, quels risques ?

Début mars 2017, Le chef de Daesh en Irak et calife auto-proclamé, Abou Bakr al-Baghdadi, avait transmis une déclaration en forme de message d’adieu à ses fidèles. Concédant la défaite de Daesh en Irak, il leur demandait soit de rentrer dans leur pays d’origine et de poursuivre la lutte au cœur même de leurs pays d’origine, soit de continuer le combat sur zone jusqu’à la mort, soit de se faire exploser.

Comme nous vous l’avions annoncé dans les numéros précédents depuis mars dernier, les djihadistes français et francophones ou européens étaient donc livrés à eux-mêmes. Dans ce cadre précis, les services de renseignement européens, Français et Allemands en tête, ont identifié des menaces potentielles que peuvent poser les « returnees », un danger immédiat au vu des profils capables de commettre des attaques de masses « multiples et multipoints » dont on déjà été briefés le GIGN, le RAID et la BRI depuis plus d’un an.

« Ce que nous savons c’est qu’ils ont des points de chute, des gens prêts à les accueillir, qu’un réseau de solidarité et de soutien logistique a été créé en parallèle d’autres opérations qui ont échoué, c’est plus profond et très bien organisé, compartimenté » explique une source anonyme des services en France. « Ces réseaux s’activeront une fois la frontière européenne passée, et ils ne perdront pas de temps, il se peut même que ces soutiens prennent les armes ou les explosifs et agissent pour la cause en même temps, dans un dernier baroud d’honneur ».

Le dernier rempart ? « Diffuser leurs identités au maximum, des appels à témoins, des avis de recherches notamment auprès des journalistes, comme vous, et surtout ne pas faire l’autruche, les polices européennes sont d’accord pour la suite :  ne pas privilégier l’arrestation mais la neutralisation » précise le policier.

Les cibles ? des policiers, des militaires, des casernes, des commissariats, des rues commerçantes, des cinémas, des centres commerciaux, des églises, des mosquées, des synagogues. Et notre policier de préciser : « Tout ce qui pourra créer un maximum de dégâts et imposer la terreur psychologique des lendemains, des cibles moles, état d’urgence ou pas, ils veulent créer le chaos civil, en poussant juifs contre musulmans ou catholiques contre musulmans de France. »

Justice, droits et guerre

 « Au nom de la vengeance française, il a été décidé d’anéantir les droits de la défense parce que les djihadistes français restent, malgré tout, des justiciables ». Ainsi commence le « plaidoyer pour la défense de nos libertés fondamentales » que plusieurs journalistes ont reçu d’un jeune roubaisien engagé contre la radicalisation et dont la grande sœur a rejoint les rangs de Daech. Amine E. qui n’a pas souhaité répondre à nos questions suite à son message, précise dans son plaidoyer « au nom de quel droit se prévalent-ils pour condamner à mort ceux qu’ils n’ont pas su retenir, là où la République a failli, alors même que la Justice ne s’est pas prononcée ? Il poursuit, relativement bien informé, sur le « silence assourdissant sur les exécutions sommaires » appuyant « les intérêts de la Justice et du Droit qui doivent permettre à chacun de pouvoir être jugé indépendamment de toutes pressions extérieures ». Amine insiste bien sur « la tenue d’un procès équitable …/… par amour du Droit » montrant du doigt « l’honneur au droit international ».

De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a réfuté toute action illégale. « La France est pleinement engagée dans la lutte contre Daech au sein de la coalition et conduit son action dans le respect du droit international », a déclaré en mai 2017 un porte-parole dans un point de presse électronique.

 

 

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