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J’ai vu la vidéo des attentats de Merah

Le président de la cour d’assises de Paris où est jugé Abdelkader Merah a décidé jeudi soir que les images des assassinats filmées par son frère Mohamed Merah ne seront pas diffusées à l’audience. En 2015 Jean-Paul Ney à pu visionner et étudier ces vidéos. Ce qu'il décrit est terrifiant.

Une escale, un pays au soleil, une source précieuse, une vidéo. L’homme en question ne parle pas beaucoup, sort un lecteur vidéo de sa poche et me demande d’étudier attentivement la vidéo, j’ai le droit de prendre des notes. Les voici. J’ai eu l’occasion d’observer le mal agir. J’ai pu visionner longuement la vidéo que Merah a réalisé avec une GoPro fixée sur son torse. Pourquoi ? Pour le droit à l’information et que pour les français ouvrent les yeux, pour que la France se rende compte qu’elle a généré et désintégré d’elle-même ses enfants, ses propres ennemis de l’intérieur…

Mohamed Merah a filmé et monté une vidéo de plus de 20 minutes, il filme alors ce qu’aucun terroriste n’avait jamais filmé : ses propres assassinats, ses propres attentats, et l’exécution de sang froid de ses victimes. Il y rajoutera des messages et des chants islamistes à la gloire du djihad. Plusieurs fois après ses actions, on le verra sur des routes de campagne chevauchant son scooter et hurlant la gloire d’un dieu sanguinaire. Mohamed Merah tue, de dos, de face, rapidement… disperse ses messages islamistes, ses insultes. Comment a-t-on pu engendrer, fabriquer, procréer un tel être ? Comment la France en est-elle arrivée là ? Comment avons-nous fait pour tomber si profondément dans la démence de l’islamisme, dans une schizophrénie collective ?

Imad Ibn-Ziaten

Nous sommes le 12 mars 2012. Le maréchal des logis-chef Imad Ibn-Ziaten du 1er RTP a rendez-vous sur un parking de Toulouse pour vendre sa moto. Dans un message posté sur un site d’annonces en ligne, il a précisé qu’il était militaire. Peu après 16 heures, Mohamed Merah arrive en scooter et demande à Imad s’il est bien militaire, Merah sort alors son arme. Fait dérangeant, dans la vidéo, on peut se rendre compte qu’Imad ne réagit pas, c’est une scène surréaliste alors que le militaire voit bien le pistolet 11.43 pointé sur lui. Mohamed Merah place son arme dans un filet bleu pour récupérer la douille, Imad, toujours en face de Merah, n’a pas l’air de bien comprendre la gravité de la situation. Nerveux, le terroriste hurle « Allonge-toi ! Allonge-toi ! » Imad Ibn-Ziaten ne bronche pas, il croit à une mauvaise blague, ce gamin veut-il le braquer ? Pourtant le militaire ne « monte » pas à la bagarre, ne tente pas de saisir l’arme pointée sur lui, pire, il ne cherche aucunement à fuir, bien au contraire, Imad s’en retourne tranquillement vers son scooter fait un demi-tour et parlemente. Il tente de raisonner Merah, mais ce dernier arme la culasse et tire. Imad s’effondre, il reste abasourdi, les bras allongés le long du corps. Merah avance vers lui et tire une deuxième fois, Imad pousse son dernier souffle au sol, le terroriste lui lance « c’est ça l’Islam, tu tues mes frères, je te tue… (inaudible)… je n’ai pas peur de la mort ». Imad Ibn-Ziaten est mort. Mohamed Merah repart en scooter. Le corps du jeune militaire git devant ce gymnase de l’Hers à Toulouse. Des témoins lointains ne se doutent pas de ce qu’il vient de se passer.

Chennouf, Legouad, Liber

Trois jours plus tard, la caméra embarquée de Mohamed Merah tourne toujours. Des militaires du 17e RGP retirent de l’argent à quelques mètres de la caserne de leur régiment. Cible d’opportunité ! Merah les a vus, il fait un aller-retour, puis gare son scooter derrière un camion de livraison. Il s’avance vers les deux premiers militaires qui sont de dos, face au distributeur. Il pointe son arme et tire. Une fois, deux fois, Abel Chennouf et Mohamed Legouad s’effondrent. Comprenant la menace, Loïc Liber, le troisième militaire, tente de s’enfuir en courant le plus vite possible. Mais Merah le poursuit, il passe devant plusieurs témoins pétrifiés, notamment un homme qui sort d’un magasin et observe interloqué la scène qui se déroule devant lui, le terroriste rattrape le militaire, puis tire dans le dos de Loïc qui s’effondre. Merah ne prendra pas le risque de perdre plus de temps pour l’achever, le stress et l’adrénaline suintent de la vidéo… Il court vers son scooter, ramasse quelque chose (un chargeur sans doute) et démarre en trombe. Le troisième militaire, Loïc Liber s’en sortira miraculeusement, il sera pris en charge dans un hôpital militaire parisien mais dans un état critique. Dans la communauté militaire, le choc est immense. Pourtant, Mohamed Merah n’en a pas terminé… La rage d’un enfant désintégré n’a pas encore exprimé toute sa violence, elle va frapper encore plus fort en assassinant l’innocence parce que différente, parce que liée – selon lui – à un conflit qui se déroule à 3000 kilomètres de là…

Sandler

Mohamed Merah roule toujours sur son scooter, il file dans une danse meurtrière tout le long de cette vidéo. Après chaque attaque, Merah, tel un sombre chevalier du djihad, enfile sa fidèle monture surpuissante, puis lance des cris victorieux emportés par des chants de guerre. Dans sa croisade meurtrière, Merah a poussé l’attaque à l’extrême : enfant d’Internet, il sera le premier à documenter ses assassinats, son but était de les faire diffuser, les médias qui ont reçu la vidéo ont tous refusé, Al Jazeera en tête.

Nous sommes le lundi 19 mars 2012, le jeune terroriste se gare face à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse. Devant l’école un petit groupe s’est formé, ils semblent discuter. Mohamed Merah observe, il éteint le moteur. A ce moment précis, il porte des gants blancs et noirs, comme un indice de sa personnalité schizophrène, l’enfant adorable et le terroriste sanguinaire. Il se lève du scooter et ouvre le siège dans lequel se trouve un sac, puis manipule un pistolet mitrailleur mini-Uzi. Merah jette un coup d’œil à droite, il voit une voiture puis un 4X4 face à lui, il hésite, décide d’attendre puis feint de manipuler son scooter qu’il redémarre, laissant le moteur tourner. Le terroriste se saisit du pistolet mitrailleur Uzi, marche avec assurance et détermination vers le portail de l’école. Une fois arrivé au niveau de la barrière, Merah pointe son arme et mitraille, un adolescent au regard effrayé est touché, il crie, se tient le bras et se baisse, puis cet adolescent rentre dans l’école en prenant des enfants avec lui. Face à Mohamed Merah, Jonathan Sandler et ses enfants, ils sont figés. Le pistolet mitrailleur Uzi de Merah vient de s’enrayer. Le temps est comme suspendu. Merah déplie la crosse de son Uzi pour mieux le tenir, puis avec une rare dextérité il se saisit de son pistolet automatique de type Colt 45 et le pointe sur Sandler. Ce dernier lève le bras, comme pour se protéger, mais c’est peine perdue, Merah tire sur le père de famille juif qui tombe, puis tire encore et encore, il rentre dans la cour où il continue de presser sur la détente en poursuivant un bambin qu’il achèvera à bout portant, des images horribles à jamais gravées en moi : cette gamine avec le sac rose, elle se cache le visage, elle est en train de pleurer, Merah avance vers elle et tire… Dans cette vidéo horrible, indescriptible, dans cette attaque sans nom, quelque chose va se passer : Le  dernier souffle d’espoir d’une victime – alors que Merah revient sur ses pas –  Jonathan Sandler essaye de de relever, de s’appuyer sur un poteau, le voir se relever alors que ses enfants viennent de mourir sous ses yeux et que Merah avance vers lui l’arme à la main, cette scène me pétrifie. Sandler fait donc face à la mort, comme s’il n’acceptait pas de mourir au sol, mais affronter debout le démon islamiste, face à face. Merah s’arrête devant lui et l’exécute de deux balles.

A côté de Sandler, un enfant pleure, il se penche, il est à genoux, capuche sur la tête, Mohamed tend son arme vers lui et tire deux fois. Le terroriste fonce vers son scooter, mais à ce moment précis, une fourgonnette blanche surgit de sa droite, il braque et tire en courant vers le véhicule, puis rebrousse chemin vers le scooter, replie la crosse du Uzi, pose ses armes dans le siège, le referme et fuit la scène du crime avec une maitrise à peine croyable.

41 secondes

Connaissant très bien les armes à feu, leur emploi et le tir d’action rapide, j’ai été très impressionné par la dextérité des attaques de Mohamed Merah, par exemple, à l’école de Toulouse, l’attaque n’aura duré que 41 secondes…

A 13mn13, Merah se saisit du Uzi, à 13mn 48 il est sur le scooter et à 13mn54 Mohamed Merah est déjà lancé…  très peu de gens sont capables d’une telle dextérité, je le dis, je l’écris : Merah a bénéficié d’un entrainement spécifique pour ces attaques, elles ont été planifiées et il a eu largement de temps de répéter les gestes et l’entrainement tactique nécessaire à une telle action. Sauf un : le dérangement, une fois enrayé un Uzi est facile à « débloquer », deux gestes suffisent, on sent Merah plus à l’aise avec une simple arme à feu, un pistolet automatique.

Retenons une seule chose de ces images : Le musulman Imad Ibn-Ziaten et le juif Jonathan Sandler ont fait face à la mort, ils sont restés debout, n’ont pas posé un genou à terre et ont refusé de se soumettre à l’islamisme : Souvenons-nous de leur sacrifice, souvenons-nous des victimes du laxisme, de l’incompétence et du manque de courage de toute une classe politique, souvenons-nous que les principaux responsables sont les magistrats militants. Je serai toujours là pour leur rappeler qu’ils n’ont aucune place dans notre république.

Jean-Paul Ney
Ce témoignage a été précédemment publié dans le livre « Pourquoi ils font le djihad, enquête au coeur de la #GénérationMerah »

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