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La France reconnait la terrible menace des « drones piégés »

Rapides, extrêmement dangereux, ces petites bombes volantes sont le pire cauchemar des services du contre-terrorisme et de la protection des personnalités. Nous nous sommes procurés des documents exclusifs qui laissent entrevoir le pire.

La vidéo d’un drone terroriste qui largue une bombe improvisée sur un Humvee de l’armée irakienne à Mossoul a fait trembler le monde arabe et occidental. Transportant des munitions, le véhicule a été réduit en poussière et l’engin s’est fondu dans les airs. Rapidement les services de renseignement et les différents états-majors ont fait remonter l’information à une cellule de la DGSE en charge de l’étude de ce phénomène qui a tué deux kurdes et a failli couter la vie à deux opérateurs français du CPA-10 en Irak en octobre dernier.

Ici l’extrait de la vidéo diffusée par Daech: On y voit le largage d’une bombe artisanale sur un convoi de soldats irakiens. Sur la deuxième photo l’explosion est aussi due aux munitions qui se trouvaient dans le Humvee.

 

Les analystes passent le mot rapidement à la DGSI (qui étudiait déjà ce phénomène depuis les survols de centrales nucléaires par des mystérieux drones toujours pas identifiés), la sécurité intérieure qui explique sans hésiter que des attentats aux drones piégés en France est un risque déjà, évalué, mesuré et pris en compte, mais surtout à ne plus négliger : « tôt ou tard, nous y aurons droit, c’est une question de temps, ça ne coute rien et l’impact psychologique est plus terrible que celui d’une voiture piégée » expliquent les policiers de Levallois.

 Drones « piégés » le document confidentiel

En mars, une note à diffusion restreinte a été reçue par le cabinet du ministre de la défense. Il était question de « mesure de protection face à la menace d’un drone piégé ». Les rédacteurs expliquent « présager l’emploi possible de drones piégés au moyen d’un engin explosif improvisé » ainsi que le rappelle la note à propos de l’utilisation récente sur des zones de combat de tels drones « en OPEX » (opérations extérieures) précise-t-elle. La note détaille en cinq points la conduite à tenir sur la présence de cette menace qui n’est plus au stade de la probabilité éloignée.

« Un tel document démontre clairement que la menace existe et qu’elle n’a pas été prise au sérieux dès le départ, j’espère qu’il n’est pas trop tard aujourd’hui, car en ce qui nous concerne, nous ne savons pas répondre à ce genre de menace » explique une source syndicale de la police.

Un drone de Daech capturé par les unités anti-terroristes de Daech, on peut voir les deux bombes ou grenades artisanales sur le côté avec des volants de badminton pour la stabilité durant la chute.

Le risque ? Un drone piégé qui fonce sur une haute personnalité, un autre indétecté qui largue une grenade, un paquet piégé ou une bombe artisanale. Les différents services se sont coordonnées pour répondre à la menace, mais comment la contrer ? « Pour l’instant il existe des contre-mesures qui fonctionnent, mais une fois le drone repéré. On ne pourra pas mettre Paris sous cloche ou vivre les yeux pointés au ciel toute la vie, il existe une solution à plus large spectre, mais elle est classée secret défense et on butte contre des aspects juridiques que techniques » nous explique un militaire de Balard.

 

 

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