Enquête spéciale

Jean-Philippe Lafont, la Waffen-SS à Bagdad

"Youtre pédophile", "bamboula", "tarlouzes au four"... Il y avait Mehdi Meklat, on a trouvé pire : Un soldat privé au service de sociétés du CAC40 et de l'ambassade de France en Irak, nazi dans les textes, fana de la Waffen-SS, pro-Daech et formateur en torture. Enquête.

Cette enquête a été possible grâce à la collaboration de plusieurs journalistes et de lanceurs d’alertes sous la direction de Jean-Paul Ney. Elle a nécessité six mois d’investigation et de vérifications avec le concours de sources administratives et judiciaires.

Nous sommes en 2010, non loin du tarmac de l’aéroport de Bagdad plusieurs véhicules 4X4 blancs attendent des voyageurs particuliers. Ces businessmen sont venus en Irak pour prospecter, ce sont des employés d’Alstom et d’Alcatel. Leurs entreprises en liaison avec l’ambassade de France en Irak font ce que toutes les entreprises françaises pratiquent avec discrétion : faire appel à des sociétés de sécurité privées (SSP) pour l’escorte armée dans ce pays en proie au chaos. Et comme d’habitude, l’ambassade de France via ses services propose quelques boites triées sur le volet, certificats de moralité à l’appui, dans la Bagdad de la guerre, les règles sont simples : s’en remettre aveuglement à son escorte de sécurité, sans discuter et tout se passera bien. Comme le dit un spécialiste des questions de protection : « Ce job c’est Uber en bagnole blindée avec une kalach en bandoulière ». CQFD.

Lafont et ses hommes en Irak (photo Tara consulting)

Au terminal VIP de l’aéroport, le groupe de français se présente face à un petit homme barbu, 1,72 mètres tout en gueule, 45 ans à l’époque, Jean-Philippe Lafont est militaire privé en Irak depuis 2004, mais pas que… il se dit « honorable correspondant de la DGSE » et « contact privilégié des islamistes » en Irak comme le confirment des anciens clients et une source à l’ambassade de France à Bagdad. Pourtant il existe un « double maléfique » de Lafont, tant en ligne qu’auprès de rébellions qu’il entraine plusieurs fois par an, et ce, depuis quelques années déjà, nous l’affirmons après avoir travaillé de longs mois sur cette enquête à laquelle ont participé activement des lanceurs d’alertes. Ce que nous avons découvert est étonnant (les connexions de Lafont, son passé de mercenaire) mais aussi des publications, déclarations, actions et fréquentations inadmissibles pour un homme avec de telles responsabilités.

Lafont est chez lui en Irak et il le fait comprendre aux délégations qu’il escorte.

Pour ces entreprises françaises, ce petit périple de quelques jours a été facturé 8.750 dollars américains par sa société basée Suisse : Tara Consulting inc (TCi), mais Lafont n’est qu’un sous-traitant, la véritable commande sera passée à Gallice Developments, filiale irlandaise de Gallice Security, une SSP française fondée en 2007 par un ancien patron du service action de la DGSE, et Frédéric Gallois, l’ancien patron du GIGN. Deux hommes connus pour leur sérieux et reconnus dans le domaine pour leur grand professionnalisme : « Des amoureux de leur job, des comme eux, on n’en fait plus » précise le journaliste d’une publication spécialisée qui navigue dans le monde des sociétés militaires privées. Et ça colle : même les anglo-saxons – qui ont la plus grosse part du gâteau – avouent être rassurés par l’arrivée sur le marché de ces deux professionnels à travers Gallice dont l’image rayonne à l’international.

Armé jusqu’aux dents, keffieh autour du cou, G-shock au poignet et AK-47 en bandoulière, l’ancien mercenaire Jean-Philippe Lafont est chez lui en Irak et il le fait comprendre aux délégations qu’il escorte. Tout le monde embarque dans les GMC, Lafont sort le grand jeu en baragouinant quelques mots d’arabe. « Il est clairement dans son élément, on est tout de suite rassurés » explique un ancien client qui s’est séparé de lui et s’est replié sur des sociétés anglo-saxonnes « après avoir découvert le vrai Jean-Philippe, et croyez-moi ça fait mal ! ».

Un ex de la bande à Denard

Gallice avec Lafont c’est la lune de miel, comme l’explique cet article du Monde de novembre 2010 « Gallice a engagé sur place un ancien des Forces spéciales, Jean-Philippe Lafont (45 ans). Présent sur le terrain depuis sept ans avec sa propre structure, Tara Consulting », l’article d’un fin connaisseur de l’Irak, Patrice Claude, y précise que « deux sociétés françaises (Anticip et Gallice Security) ont récemment été agréées par l’ambassade de France. Leurs services sont recommandés aux chasseurs d’affaires ». Papier peu renseigné dans l’ensemble (Tara n’existe pas en Irak mais en Suisse et se repose sur les structures d’une boite locale : Gulf Shield) surtout pour le pedigree de Lafont : Il n’a jamais été un membre des forces spéciales françaises – information confirmée par un ponte du COS (le commandement des opérations spéciales) – mais bien un mercenaire de la bande à Bob Denard. Il fut arrêté en octobre 1995 avec ses compagnons d’infortune aux Comores par… le GIGN suite au dernier baroud sous forme de coup d’état du vieux corsaire de la république. Une source à la DGSE et un ancien militaire nous confirment qu’il est aussi l’un des auteurs du livre « Mercenaire de la république », et dans les dernières pages, Lafont évoque le coup de fil qui lui fera quitter un jour la France pour l’Irak en 2004. Dans l’ouvrage (soi-disant co-écrit par trois mercenaires) on le reconnait sur une photo avec tous ses compagnons d’armes, il est jeune, manches longues et porte toujours ses lunettes.

Octobre 1995, aux Comores, c’est la reddition des « affreux » de Bob Denard. Au fond à gauche, Jean-Pierre Lafont. Photo extraite du livre « Mercenaire de la République » (c) Benoît Gysembergh/Paris Match.

Mais revenons à nos moutons : Entre avril et mai 2010, Tara facture 7250 dollars la sécurisation des déplacements de Sanofi et d’Alcatel (3000 $), puis en juin c’est le jackpot pour TCi et Lafont : la sécurisation des transports des employés de EADS sera facturée 24.450 dollars. La société Schneider en sera quitte pour 10.700 dollars toujours dans la même période. Tous les payements seront effectués par virement bancaire. A cette époque les patrons de Gallice ne se doutaient pas une seconde que l’homme qui leur avait été chaudement recommandé par les autorités françaises basculait déjà dans l’extrémisme le plus insultant et l’antisémitisme le plus violent, et les surprises vont s’enchainer, surtout pour les spécialistes du renseignement, la DGSE.

« Youtres sous-race de youpin de merde »

Nos lanceurs d’alertes nous ont ouvert l’accès à plusieurs documents qui, à eux seuls, ne trompent pas sur ce que Jean-Philippe Lafont pense des juifs en général, avec toute l’idéologie nauséabonde qui peut caractériser l’ex-mercenaire :

Le 6 mai 2014 depuis son email professionnel de Gallice, il envoie un courriel à plusieurs de ses collègues dont l’objet est « Free youtres », il contient une photo qui montre des prisonniers juifs d’un camp faisant la fête (visiblement très heureux) buvant du champagne et fumant des cigarettes, la seule légende que Lafont donne dans le texte du mail est : Shoah. Dans les faits, cette photo a été prise à Buchenwald, par la célèbre photographe Margaret Bourke-White, et ce, juste après la libération du camp, d’ailleurs avec la légende c’est mieux, pas de fête journalière dans le camp de la mort comme le précise ce blog, c’était juste le jour de la sortie de l’enfer, l’heure de leur liberté : « cette photo est très forte, pas seulement parce qu’elle montre la joie pure de la libération, mais parce qu’elle nous montre que ces hommes, que nous avons transformés en créatures mythiques, sont en fait des êtres humains comme les autres. Le genre de personnes qui font la fête avec du champagne et des cigarettes, et j’espère qu’ils font encore la fête, où qu’ils se trouvent ». Malaise des collègues de Lafont, le courriel est signalé, et Lafont n’utilisera plus son email pro pour ce genre de message, les patrons de Gallice lui remontent les bretelles. Il va se replier sur plusieurs messageries personnelles et sur les réseaux sociaux pour assouvir sa haine du juif, et ça ne fait que commencer…

Après avoir reçu cet email, l’entourage de Lafont commence à se poser sérieusement des questions, d’autant que le bonhomme est coutumier du fait, certains collaborateurs commencent à en parler entre eux, et font remonter l’information. Les langues se délient et un jeune collaborateur se souvient d’un email qu’il retrouve facilement : En 2014, un homme d’affaires avait demandé rendez-vous à celui-ci, Lafont avait été mis dans la boucle, et avait répondu en renvoyant la photo du futur client avec, forcément, un commentaire qui se passe de… commentaires : « Le youtre qui veut un meeting avec toi, qu’il crève cette ordure de sous-race de youpin de merde !!! Plus raciste qu’eux (?) ». La messagerie utilisée est jphlafont@yahoo.com et il signe JPh L. (nous précisons que nous disposons des emails originaux avec tous les en-têtes techniques qui prouvent la véracité de nos dires). Lafont se lâche sur cette messagerie à destination de ses proches et collègues de travail : il diffuse des liens YouTube vers les discours d’Adolf Hitler (vidéo : Hitler à propos du juif cosmopolite), qu’il signe toujours d’ailleurs. Le festival continue de plus belle et on atteint là le « point Soral/Dieudo », le complot… « Les youtres ont les leviers du pouvoir… entre les mains » en rajoutant le fameux « 88 » pour Heil Hitler (8 pour H, la huitième lettre de l’alphabet) un des chiffres symbole du nazisme. Un dernier pour la route : Lafont envoie aussi des courriels en anglais approximatif : « how to know a youtre », une photo attachée est un « meme » d’Internet (des petites images détournées à l’infini par les internautes) celle-ci est issue d’un forum antisémite et complotiste où le juif est assimilé au « gouvernement mondial ». Stop.

Opération séduction

Jean-François Guillaume (à droite). Photo profil LinkedIN.

L’alerte sera donnée par deux agents de la DGSE en poste à Bagdad qui ont côtoyé Lafont quelques temps, et pour cause, car à l’époque l’antenne locale des services secrets français louait une villa à deux pas de celle où était installé Lafont avec ses hommes, en effet, ce dernier faisait le pied de grue pour rencontrer ces gens qui le fascinent tant. L’un des deux hommes de l’ombre avait donc fait remonter l’information à sa hiérarchie dans un rapport… resté sans suite. Pourtant, au-delà de l’évaluation de la capacité opérationnelle de Lafont, LeWeek a interviewé ces spécialistes qui l’ont côtoyé, ils précisent que « le réseau humain de Monsieur Jean-Philippe Lafont s’appuie sur une seule source locale …/… Nous avons remarqué que Lafont n’avait aucune capacité à recueillir du renseignement de qualité hors ladite source …/… Il est n’est pas utile d’espérer une production de renseignement de qualité …/… Car ce dernier compile des informations provenant des réseaux sociaux et de sources journalistiques ouvertes ». A l’ambassade de France à Bagdad un collaborateur explique avoir constaté que « Jean-Philippe Lafont passait ses journées sur Internet, j’avais expliqué que nous n’avions absolument rien à en tirer, de toute façon Lafont était juste un taxi blindé avec des chauffeurs armés, rien de plus, le renseignement ça n’était pas son métier mais il insistait beaucoup pour rencontrer les gens des services, il leur a vendu du vent ». A l’ambassade Lafont n’est plus le bienvenu, pourtant, accroché à la légende des compagnons de Denard, il rebondira, car c’est son truc à Lafont de ressortir là où on ne l’attend pas, il faut être bon joueur et lui reconnaitre ce don du ciel.

Fort de tous ces renseignements et du comportement de JPhL sur Internet, Gallice se sépare d’avec Lafont, la société se replie sur d’autres zones et mi-2015 il affirme à qui veut l’entendre qu’il roule désormais pour GEOS mais aussi qu’il sous-traite des missions sporadiques pour Amarante, une autre société militaire privée française. Quelques mois plus tard, c’est le jackpot pour l’ex-mercenaire antisémite : il se fait délivrer un document en or par un haut fonctionnaire français à Bagdad. Ce document que nous nous sommes procurés, est une attestation d’honorabilité, émanant de l’ambassade de France en Irak, plus précisément de Jean-François Guillaume alors 1er conseiller à l’ambassade et en charge de la mission sécurité. Dans cette missive officielle, Guillaume décrit Jean-Philippe Lafont comme quelqu’un « de confiance, au travail irréprochable et avec un sens de l’honneur …/… au bénéfice de l’ambassade de et notre communauté en Irak ». Le document datant du 30 aout 2016 explique, toujours sous la plume du 1er conseiller, que Tara Consulting est le partenaire et représentant en Irak de la société française GEOS et rajoute que Lafont a sécurisé l’Institut Français de Bagdad qui dépend de l’ambassade de France.

Ce précieux sésame va ouvrir à Lafont les dernières portes qui lui résistaient en Irak et augmenter considérablement son carnet d’adresses et donc, son business. Mais après enquête les responsables de GEOS que nous avons eu longuement au téléphone – notamment le général Didier Bolelli, président du directoire de GEOS – nous confirment que « Jean-Philippe Lafont n’est pas notre représentant en Irak, mais nous pouvions faire appel à lui en cas de demande de mission, ni Tara, ni Lafont sont nos représentants en Irak, Lafont est un prestataire de service, au même titre qu’il l’est pour certains de nos concurrents et autres clients français qui travaillent avec lui. Il nous a été recommandé par les autorités françaises et l’ambassade en cas de besoin de services d’escorte pour des entreprises en Irak ». Et Bolelli de préciser qu’il n’a jamais rencontré Lafont… en rajoutant que « c’était un deal commercial avec une grille de prix, maintenant si on en apprend plus, on va revoir ça. »

Et le document émis par l’ambassade de France stipulant que Lafont est « le partenaire et représentant de GEOS » ? le général Bolelli botte en touche « moi cette lettre je la connais pas, si vous l’avez c’est qu’elle est vraie et je vous crois, monsieur Lafont et Tara n’est pas notre représentant en Irak ». Et sur les insultes xénophobes et antisémites (que nous lui lisons au téléphone) ? Bolelli précise ne faire aucun jugement car il ne le connait pas personnellement « je ne l’ai jamais rencontré, je ne me prononce pas là-dessus car les accusations sont trop graves pour que je puisse m’exprimer dessus ». Plus clair on ne peut pas. Une question se pose alors : Comment GEOS peut faire un « deal commercial » avec Lafont sans avoir au préalable enquêté un minimum sur la fiabilité – recommandé ou pas – de ses futurs partenaires sur des zones aussi compliquées ? GEOS accompagne les entreprises, sécurise, conseille mais fait aussi de l’intelligence économique, alors pourquoi ne pas avoir fait un « back-check », un profilage, comme on le dit dans la profession, c’est-à-dire pourquoi ne pas avoir enquêté un minimum sur le personnage ? le général Bolelli explique « Lafont nous a été recommandé comme interface donc on s’est adressé à lui lorsque on a voulu avoir quelqu’un à qui demander des escortes au cas ou à Bagdad ». Fin de l’entretien au demeurant fort cordial mais nous n’en saurons pas plus.

Les Karen, waterboarding et la Suisse

Nous sommes en mai 1999, Bob Denard le plus célèbre mercenaire de la « Françafrique », le « corsaire de la république », le chef des « affreux » se tient devant ses juges de la cour d’assises. Ce jour, il explique son implantation aux Comores. Pourtant depuis le 4 mai, Bob doit répondre de l’assassinat du président comorien Abdallah (en novembre 1989) alors qu’il commandait officiellement la GP, la garde présidentielle. C’est une rafale de kalachnikov qui tuera le président comorien dans son bureau et mettra fin à l’aventure de la bande à Denard dans l’archipel, une aventure qui avait commencé le 13 mai 1978. Mais laissons le passé au passé. Mi-1995 le vieux mercenaire s’ennuie à la retraite, alors il retente un coup aux Comores en octobre de la même année, les « mercos » réussissent haut la main, ils embastillent le président, Paris s’insurge, la DGSE fait l’autruche, les forces spéciales et les légionnaires débarquent : Fin de l’histoire, le vieux Denard doit se rendre, et quand les mercenaires sont arrêtés par le GIGN, l’un d’eux – casquette, treillis manches longues et lunettes – racontera en scénarisant à son profit le coup réussi et sitôt défait par l’armée française. Cet homme c’est bien Jean-Philippe Lafont, qui tout au long des 427 pages du livre « Mercenaire de la République » (éditions nouveau monde, 2009), enjolive les situations mais expose son personnage qui devait rester dans l’ombre pour toujours. Franck Hugo, le pseudo de Lafont, quelques aventures et le mix des témoignages de ses amis mercenaires pour fabriquer ce Hugo, moins poète que l’original, vont agacer un officier de la DGSE alors en poste en Irak et qui reconnaitra Lafont dans le livre…

Ce même officier qui lui passera une gueulante quand Lafont partira à la recherche des reporters Georges Malbrunot et Christian Chesnot alors enlevés en Irak le 20 aout 2004., c’est dans le livre, page 411. Une source à la DGSE nous explique « Lafont s’est proposé, notre métier est de prendre tout ce qui vient comme renseignement, puis de le passer au tamis, il n’avait rien de plus, ses chauffeurs non plus. Alors au bout d’un moment ça devenait dangereux, nous n’avions pas besoin qu’un autre français tombe dans les mains des ravisseurs. Lafont voulait un feu vert, il n’en a jamais eu de notre part, il s’est emporté, énervé, mais dois-je rappeler que le renseignement n’était pas son métier ? et nos gens étaient sur le terrain » détaille l’ancien officier aujourd’hui dans le privé.

Revenons au procès Denard, le 10 mai 1999, se présente à la barre un vieux compagnon de route du chef mercenaire, selon la presse sur place et Libération, cet homme témoin de la défense expose un Bob Denard romantique à souhait, presque à l’eau de rose, comme si la guerre ça ne piquait pas, ça ne tuait pas : « Quand il (Denard, nda) a quitté les Comores, les femmes se jetaient sur la piste pour empêcher l’avion de décoller ». Ce témoin de la défense n’est autre que Pierre Guillaume, officier de marine, ancien de l’OAS, décédé en 2002. Le fameux « Crabe Tambour » du livre (1976) et du film (1977) de Schoendoerffer – c’est lui qui affrète le Vulcain, ce navire qui conduira Denard et sa bande aux Comores. Ancien prisonnier en Somalie et baroudeur invétéré, il a aussi participé au putsch d’Alger. Pierre Guillaume est un fervent défenseur du peuple karen en Birmanie, tenant des chroniques sur l’antenne de Radio Courtoisie pendant des années, emblème de la France pour les nationalistes, la vie de Pierre Guillaume devient une saga grâce à l’ouvrage de Pierre Schoendoerffer… Mais il est surtout le père de Jean-François Guillaume, 1er conseiller à l’ambassade de France en Irak, le même qui décernera une « lettre d’honorabilité » à Lafont. Ces « Guillaume » une lignée de militaires au service de la France… et d’autres causes.

Déjà très jeune, Jean-Philippe Lafont (à gauche) avait embrassé la cause de la rébellion karen au fin fond de la Birmanie, tantôt en combattant, tantôt en devenant formateur. (Archives LeWeek).

Et comme le hasard n’existe pas, Jean-Philippe Lafont est depuis des années un « bénévole » de la cause karen, cette petite rébellion à cheval entre la Birmanie et la Thaïlande. Le dossier en notre possession contient plusieurs photos et vidéos des aventures de Lafont en Birmanie où il se fait appeler « Franck Robin » un pote de la bande à Denard qui se suicidera après que la presse eut découvert ses photos où il dévorait un foi humain avec une tribu birmane. Robin, « un mec bien mais dépassé par les évènements, selon un proche qui l’a bien connu. Robin avait sévèrement merdé en faisant développer ses photos dans un labo commercial, le patron du labo avait alerté les autorités et l’affaire s’était étalé dans la presse » explique un ancien de la bande à Denard qui a rompu tout contact avec Lafont. Ce passage est confirmé dans le livre de Jean-Philippe « Franck Hugo » Lafont. Vous suivez toujours ?

Lafont enseigne différentes techniques d’interrogatoire et de tortures aux karen dans une vidéo que nous nous sommes procurés, on peut l’apercevoir à plusieurs reprises avec son inséparable béret noir et ses lunettes sous le nom d’emprunt de « Franck Robin ». Des activités qui ont été signalées au procureur de la République de Paris, sans suite. (Archives LeWeek).

Le long de notre enquête, alors que nous étions en bouclage, une vidéo (dont nous avons extrait les captures) attire notre attention : on y voit l’incontournable Lafont avec son béret noir y dispenser aux jeunes rebelles karen une formation un peu particulière : le waterboarding. Cette méthode de « torture par l’eau » est devenue connue du grand public bien avant les allégations de Donald Trump sur son efficacité : elle a été utilisée par la CIA sur les terroristes d’Al-Qaïda pendant des interrogatoires dans les prisons secrètes de l’agence américaine de renseignement. Mais la vidéo ne s’arrête pas là : contorsions, contraintes physiques, le « prof ès-torture » Lafont supervise la formation et participe… le tout avec ce fichu « certificat d’honorabilité » d’une autorité française dans la poche…

Bénévole Lafont ? pas tant que ça, dans un dossier en possession de la justice française on trouve plusieurs relevés et coordonnées bancaires du Crédit Suisse. Selon plusieurs sources il aurait un compte bien garni, sur lequel auraient transité plusieurs millions d’euros… Mais Jean-Philippe Lafont paye-t-il ses impôts et où ? En France ? En Irak ? serait-il passé pendant plus de dix ans à travers les mailles des filets journalistiques et de Tracfin ? Pourtant il a escorté et sécurisé les convois de dizaines de journalistes français et Lafont était même sous contrat avec l’Agence France Presse, où on nous confirme à demi-mots que les factures étaient payées rubis sur l’ongle sur le compte en Suisse. « Il faisait le job et il le faisait bien, même s’il surjouait son personnage et amusait la galerie » explique un reporter qui l’a fréquenté. Depuis que LeWeek pose les questions en fin d’enquête (selon notre méthodologie) plus personne ne veut évoquer le personnage. De plus, les activités non conformes aux droits de l’Homme sont à présent passées à la loupe par les autorités suisses pour les sociétés installées dans ce pays, comme Tara consulting, la boite de Lafont. Les autorités suisses sont-elles au courant de ses activités de formations de guérillas en Asie ? Au téléphone, l’un des responsables du dossier à la Section des Services de Sécurité privés (SSSP) au Département des Affaires étrangères, nous confie qu’ils ont plusieurs sociétés dans le viseur mais que rien ne sera dit de plus pour l’instant sauf un timide « nous attendons la publication de votre enquête ». Soit.

« Lafont se sent intouchable »

« Radioactif »

Le 27 janvier 2016 un pli très épais est déposé par un avocat parisien au bureau du procureur de la République de Paris, François Molins. L’objet de celui-ci résume la sensibilité du contenu et surtout des documents déposés : « Déclaration en lien avec une entreprise terroriste ». Les clients de l’avocat qui a déposé ce pli demandent à « être entendus par rapport à des informations que nous détenons sur la personne de Jean-Philippe Lafont, de nationalité française, né à Saintes, le 26 avril 1965 et résidant à Bagdad, Irak. »

Nos sources au TGI et au bureau du procureur confirment bien la réception du pli, mais c’est le silence radio depuis plus d’un an sur ce dossier qui embarrasse la diplomatie française, la DGSE, le Ministère de la Défense et surtout Cédric Lewandowski, le très médiatique directeur de cabinet civil et militaire du ministre de la Défense Jean-Yves le Drian depuis mai 2012. Secret de polichinelle à l’Hôtel de Brienne et dans la profession : Lewandowski est un proche des fondateurs de la société GEOS et de Pierre-Antoine Lorenzi le fondateur d’Amarante qui souhaitaient mettre un pied en Irak, ce sera chose faite, avec l’appui… de Jean-Philippe Lafont passé chez la concurrence… Quant à la DGSE, et surtout son antenne en Irak qui a vu passer un certain nombre d’agents ayant côtoyé Lafont, les lumières sont au rouge : « Lafont est radioactif », il n’est « pas stable psychologiquement et devient très radical dans ses propos », c’est comme si tout le monde savait mais personne n’envisageait de s’en séparer… Discrètement le service de renseignement français surveille les nombreux profils anonymes de Lafont sur les réseaux sociaux, « une catastrophe ! on lui avait demandé de se calmer, mais il est ingérable, il a basculé très vite », ce fut l’une des raisons de la séparation d’avec Gallice, mais rien ne se passera, les notes et avertissements se perdront entre l’asphalte du boulevard Mortier et les sables de l’Irak. « Les messages rentrent dans une oreille et ressortent par l’autre, Lafont se sent intouchable, il le dit : il est chez lui en Irak et les français ont besoin de lui et de ses réseaux » nous explique-t-on en off à Paris. Sauf que son réseau, c’est un seul homme, et nous l’avons identifié, il s’appelle Yasser et on le retrouve dans le dossier déposé chez le proc Molins à Paris.

Nous sommes à deux semaines du bouclage de l’enquête et c’est déjà le branle-bas de combat : Le patron de la communication de la DGSE ne fera pas de commentaires sur cette affaire, ni le Quai d’Orsay. A Badgad, impossible de joindre Jean-François Guillaume qui reçoit pourtant nos demandes d’interview via Whatsapp, puis par email : les autruches sont de sortie.

Alexandre Hollander, le président de la société Amarante, nous confirme au téléphone n’avoir pas de lien direct et contractuel avec Lafont et être surpris des révélations que nous lui faisons en lui exposant les preuves de cet article. Il précise qu’il va saisir sa comptabilité pour nous procurer les éléments et les dates si des missions auraient été effectuées en sous-traitance par Lafont pour cette société française en Irak. Hollander est un pro, un vrai, passé par Saint-Cyr, diplômé MBA HEC, breveté de l’École de Guerre, ancien officier supérieur des forces spéciales, ancien officier de renseignement et expert en sécurité et gestion de crise, du béton. « Nous allons faire toutes les vérifications nécessaires et si ces faits s’avèrent vrais, alors effectivement, c’est grave que Lafont soit passé à travers les mailles du filet, enfin quand même, il a travaillé pour l’AFP pendant des années, eux aussi profilent les gens avec qui ils travaillent ! » explique le patron de Amarante. Ce sera confirmé plus tard, après vérification comme promis, Alexandre Hollander explique n’avoir jamais été contractuellement lié à Lafont : « c’était le seul français installé en Irak depuis des années, l’ambassade nous l’avait recommandé pour du conseil, ce que nous avons fait, mais rien de plus ». Tout pointe vers l’ambassade et ce fameux blanc-seing attribué à coup de cachet humine à Lafont. Une boulette qui risque de coûter cher.

Radicalisé ?

Toujours selon cette déclaration déposée auprès du procureur de la république de Paris, que LeWeek a pu consulter, il apparaitrait que Lafont serait lié à des activités subversives tel que le document le précise:

EXTRAIT DU DOCUMENT
(Nous avons volontairement anonymisé certains noms pour des raisons de confidentialité et de sécurité.)

« Jean-Philippe Lafont (JphL) profite de l’activité économique d’entreprises françaises du CAC40 afin de financer ses activités terroristes et d’infiltrer l’ambassade de France, la DGSE et les milieu Shi’ites Irakiens au profit de l’Etat Islamique, qu’il supporte idéologiquement et a supporté financièrement de septembre 2011 à juin 2014…/… il passe toutes ses journées sur twitter, en « tweetant » et « retweetant » des messages de comptes pro Etat Islamique, et à faire appeler les contacts familiaux de son employé Yasser XX par ce dernier pour corroborer des informations prises sur la toile. »

Et cela va encore plus loin, quand un ancien collaborateur de Lafont explique : « Je me suis aperçu après quelques temps de sa radicalisation idéologique et religieuse, je craignais alors pour ma sécurité », dans cet épais dossier, le témoin poursuit « je n’ai pas parlé plus tôt aux autorités Françaises car Jean-Philippe Lafont dit entretenir des relations privilégiées avec la DGSE et l’ambassade de France à Bagdad. »

Ces témoins qui écrivent au procureur de la république racontent avoir maintes fois – et ce depuis 2010 – exposé les faits aux autorités locales (à Bagdad) mais aussi à des personnalités importantes, notamment auprès d’un des responsables de la Mission des Nations Unies en Irak et à des personnalités françaises, britanniques et américaines. Sans succès. Nous préservons les identités des personnes cités pour des questions évidentes de sécurité.

Mais l’accusation s’aggrave, en page 3 et huitième point du dossier, les témoins accusent Jean-Philippe Lafont (JPhL) de financer l’Etat islamique (ISIS ou Daech), de vouer une haine viscérale contre les juifs.

EXTRAIT DU DOCUMENT
(Nous avons volontairement anonymisé certains noms pour des raisons de confidentialité et de sécurité.)

« 8- Durant sa période de financement de ISIS, JPhL avait un compte twitter René Arnaud @RSeize qui glorifiait ISIS, appelait au Califat et à la mort des Shiites, et menait une incitation à la haine raciale contre les juifs, notamment après les attentats de Charlie Hebdo et l’Hyper Casher. Il est important de noter que JPhL s’est converti à l’Islam et prie avec ses hommes dans sa villa de Bagdad. JPhL dit à qui veut l’entendre que cette conversion a été effectuée à des fins mercantiles, mais il partage sans équivoques les dogmes de ISIS sur twitter et verbalement. Le journaliste XX, qui l’a vu évoluer au cours des années, pourra le cas échéant corroborer ceci. Son compte twitter était connecté à un de ses alias mails : reneseize@gmail.com »

Effectivement, plusieurs de nos recoupements vont dans le sens de la déclaration au proc de la république :

Le compte Twitter @RSeize a été suspendu par Twitter pour apologie du nazisme, comme l’expliquent plusieurs utilisateurs de Twitter, des traces existent (sur les réponses par exemple) en effectuant une simple recherche sur Twitter « @RSeize ».

Après de longues semaines d’enquête, nous avons pu identifier les profils de Jean-Philippe Lafont, notamment l’un des plus prolifiques en matière d’insultes raciales, le compte Facebook « René Quinze »  (supprimé depuis que nous avons commencé à poser des questions) qui est incroyablement fourni en la matière, spécialement des odes au nazisme et des insultes à haute fréquence envers juifs qu’il définit sous le terme de « youtres ». Les documents se trouvent en annexe 1 à la fin de cet article.

Enfin, au-delà de nos recoupements c’est une photographie qui gêne particulièrement les services et les spécialistes de l’Irak : On peut y voir Jean-Philippe Lafont tout sourire avec un certain avec Faisal, ancien maître d’école de la province de Duluya devenu comptable de l’Etat Islamique pour la région du Salâh ad-Dîn. Selon nos sources Lafont aurait payé le salaire de l’homme qui se tient à sa droite, un certain Hashim, afin que ce dernier puisse travailler avec le fameux Faisal et sa bande, localisée par les services irakiens dans une ferme près de Duluya. Hashim rendait des services à la petite cellule en acheminant des kamikazes vers leurs lieux d’attentats ainsi que des blessés de l’Etat islamique dans divers hôpitaux (voir ci-dessous un extrait du document transmis au procureur).

Un proche de Lafont explique : « Jean-Philippe toujours fasciné par Faisal, lui avait demandé s’il pouvait l’accompagner en Syrie » mais la petite virée tournera court, car le fameux Faisal disparaitra des radars, sans doute capturé, comme le dit la rumeur locale, par les forces de Bachar Al Assad lors de son dernier voyage en 2013.

A la DGSE, nos sources tombent de haut : « On n’a jamais demandé à ce type d’aller en Syrie ou d’approcher tel ou tel dignitaire de l’Etat islamique, c’est du grand n’importe quoi, s’il l’a fait c’est une initiative personnelle, mais même pour son boulot d’escorte armée, il n’a pas besoin d’aller si loin ! La Syrie ! quand même ! »

Escorte armée ou pas, protection ou pas, tous les spécialistes contactés, dont certains travaillant pour des sociétés anglo-saxonnes sont clairs à ce propos : « Bien entendu nous avons besoin de renseignement, on fouine, on demande, notamment aux policiers et au gouvernement Irakien, on a nos contacts locaux, nous les payons bien, ils nous font directement remonter les tendances et les menaces, pas besoin d’aller sur les territoires de Daech. Et nos ambassades nous font aussi remonter en temps réel les menaces, ça vaut pour les autres, si une information est vitale, nous partageons très rapidement avec nos collègues des autres sociétés de protection, c’est normal ».

Waffen SS à Badgad

Si Jean-Philippe Lafont est un professionnel de la sécurité en Irak, il n’est pas du tout discret sur les réseaux sociaux (ni par email comme nous l’avons vu plus haut) en ce qui concerne ses opinions tranchées, propos virulents, extrémistes, xénophobes et antisémites. Tout comme Mehdi Meklat du BondyBlog, obsédé par les juifs, Lafont l’est autant, et ne se cache pas sur son profil Facebook « René Quinze » de s’adonner publiquement à l’admiration de l’Allemagne nazie, de la Waffen-SS, des généraux de Hitler et des objets nazis aussi divers que variés (argenterie, couteaux, uniformes…)

Le profil a été mystérieusement supprimé le 22 mars 2017, quand nous avons tenté de joindre sans succès Jean-Philippe Lafont sur plus de cinq numéros et que nous avons officiellement téléphoné à plusieurs de ses proches et amis pour tenter de le joindre. Seul un irakien nous répondra, affirmant que Lafont est en Europe. Dans la même journée plusieurs autres profils seront aussi supprimés.

Nous démontrons que sur Facebook (documents en annexe 1, en fin d’article), Lafont est aussi et surtout un nostalgique de l’époque nazie qu’il aime comparer nos jours à l’occupation en France (à travers des photographies rares du 3e Reich et des petits commentaires qui vont bien). Pendant de longues nuits et jours, nous avons épluché ses nombreuses publications (ses posts). De la xénophobie pro-active, un monde antisémite fantasmagorique peuplé de dignitaires nazis, de comparaisons crasseuses, d’insultes diverses sur les responsables politiques et les intellectuels français. Sur plus de 250 publications nous avons décidé de ne garder qu’une sélection, la plus vaste possible, qui donne un aperçu de l’idéologie brune et mortifère ainsi que de la psychologie violente de Jean-Philippe Lafont. Des post que nous avons soumis à plusieurs de ses anciens collègues et camarades, proches et anciens employeurs : La majorité d’entre eux sont outrés, ils n’en reviennent pas et, nous le croyons, sont sincères. Seule une toute petite minorité nous a affirmé à demi-mot et en off reconnaitre dans les messages la pensée nazie, profondément antisémite, anti-shiite et proche des idéaux de l’Etat islamique de l’ancien mercenaire Jean-Philippe Lafont.

Lafont pose avec un t-shirt de la Waffen-SS, il explique : « pas de problèmes à Bagdad, ils adorent la Waffen-SS ». Ici la photo d’un t-shirt « c’est fini Woodstock, maintenant c’est Bagdad ». Ses choix littéraires se portent sur Mein Kampf plutôt que sur 50 nuances de Grey, l’ouvrage érotique de E.L. James. Ailleurs, une photo de BHL avec le patron de l’ICTS (le contre-terrorisme irakien, Lafont avait essayé de remporter un marché pour leur formation, ça tombera à l’eau), l’intello juif en prendra pour son grade : « le fils de pute youtre ». Jack Lang est qualifié de « youtre pédophile » mais ne sera pas mieux rhabillé que Bernard Kouchner « youtre sioniste, trafiquant d’organes et mondialiste ». Au tour de François Hollande et Emmanuel Macron, ce sera « au four » pour eux. Macron encore, avec Mathieu Gallet « schmoulerie, pédérastie tarlouzerie au four !!! ». Il fait chaud avec Lafont… Valls, sous les yeux de Jean-Philippe Lafont devient « el blanco l’abruti sioniste » affublé d’un uniforme bleu et blanc avec l’étoile juive de David sur sa casquette. Ailleurs, Poutine est un « Tsar », Obama un « connard de négro ».

« Youtrerie » par-ci et par-là, encore et encore… (l’équipe en charge de l’enquête s’épuise, plus de 500 posts à traiter…)

« Bamboula congoide », pour JPh Lafont « le mot bamboula n’est pas une insulte c’est un fait ». Et le fameux Théo, en photo, de devenir dans un post « l’enculé à la télesco » quand une femme blanche (très forte) enlace dans ses bras un homme noir (très mince) ils deviennent sous la plume de Rene Quinze « un bamboula et une obèse blanche, le futur est en marche (forcé). »

Lafont alias « René Quinze » kiffe les mariages nazis « vive la mariée » entouré de jeunes SS avec le drapeau nazi en fond. Ici et là des objets, comme cette bague du Reich. Quelques uniformes SS dont un espagnol qu’il trouve « Olé », un set de couverts de table a l’effigie des SS « on sort les couverts ». Et des photos de l’époque, une bande de SS qualifiés de « copains d’avant », « le temps des moissons, le temps des copains (kamerads) et de l’aventure » toujours pour des soldats nazis, pas un anglais ou un américain en vue… le parfum Hugo Boss pour un dignitaire nazi « le boss c’est le boss ». Mais quoi de mieux qu’un petit « apéritif time » avec des SS sur une terrasse parisienne sous l’occupation ? Les matins pour Jean-Philippe Rene Lafont Quinze sont ceux dont la forme du soleil épouse les contours de la svastika nazie, et Apple n’a qu’à bien se tenir sous les formes de Hitler et de sa croix gammée, autant que de se coucher sous une Lune nazie où un astronaute salue un drapeau du 3e Reich « ils ont marché sur la Lune ».

Ici une publicité pour le Zyklon B, gaz utilisé par les nazis pour exterminer des millions de juifs, là une pub pour de la javel S.D.C, « super javel » qui « blanchit un nègre ». La photo d’une chambre d’exécution aux Etats-Unis « pas un truc inventé par les youtres, du réel ce coup-ci ». Et plus loin, Israël représenté sous forme d’un rat, est la « vraie peste », Israël d’ailleurs où Jean-Philippe Lafont dit y avoir fait des stages, mais pour sûr n’y remettra plus jamais les pieds. Du bon sens quand même pour notre antisémite maladif de service, un roman-photo avec les héros des Visiteurs « M’enfin Hubert ! Adolf Hitler ! tout de même ! il a exterminé 6 millions de juifs ! », et Hubert de répondre « Aaah ! quel bon sens ce Hitler ». Schizophrénie ou soucis de coordination des idées ? Ici on assume les 6 millions de juifs exterminés, ailleurs on joue le négationnisme… Lafont s’y perd…

Si JPh Lafont était au pouvoir les hipsters finiraient « au poteau », comme le montre un montage photo (mal fait) … Et quand « ta mémoire de youpin flanche » Jean-Philippe a trouvé la solution : celle d’un montage antisémite ou une grand-mère juive explique que son tatouage est le numéro de son « compte en Suisse ». En parlant de tatouages, celui du groupe sanguin de Jean-Philippe Lafont se trouve sous son bras, à l’intérieur au niveau de l’aisselle, tout comme le faisaient les membres des SS.

Coup de maillet sur la tête : celui qui est censé protéger des attaques terroristes ses convois publie la photo des 12 de Charlie Hebdo, morts sous les balles des frères islamistes Kouachi : « il y a deux ans, les crétins de Charlie Hebdo venaient de ramasser #JeNeSuisPasCharlieAtalli » commente-t-il.

En annexe, nos lecteurs trouveront la méthodologie de recoupement et les nombreuses captures d’écrans.

Cette enquête s’achève le 31 mars 2017, depuis plusieurs jours nous tentons de joindre Jean-Philippe Lafont, en vain, nous précisons que nos comptes Twitter ont été saturés d’insultes provenant d’un mystérieux personnage qui nous annonçait que tout ce que nous allions publier était issu d’une source peu crédible. Comme nous vous l’avons démontré, nos sources et nos lanceurs d’alertes sont plus qu’une seule source issue d’un forum peu crédible. Enfin, notre serveur hébergeant LeWeek a été victime d’attaques précises sur le présent dossier, et des photographies encore non-publiées (accès non autorisé certifié et daté dans un rapport qui sera remis aux autorités) ont été utilisées pour faire pression sur des sources… qui n’en étaient pas !

Confucius aurait dit: « Quand tu es battu, reste au sol et savoure ta défaite ».

Officiellement contactés, la DGSE et le Ministère des Affaires Étrangères n’ont pas donné suite à nos demandes de réactions officielles, tout comme les différentes administrations suisses et irakiennes, nous expliquant attendre la publication de l’enquête.

 

ANNEXES ET DOCUMENTS

La Méthodologie, les documents et les preuves.

Hors de nos sources et des documents judiciaires, nous avons pris toutes les précautions de vérifications et de recoupement, voici une partie de la méthodologie d’analyse et de recoupement qui nous ont permis de lier René Quinze à Jean-Philippe Lafont :

Le compte Facebook « René Quinze » est-il à Jean-Philippe Lafont ?

Réponse : Oui, sans équivoque.

Pourquoi ? Nous pouvons l’affirmer grâce à des recoupements effectués de ses diverses publications en ligne et des renseignements dont nous disposons. Les voici :

  • Dans un post du 28 décembre 2016, est publiée la photo des blasons adhésifs de la Charente, avec le commentaire « L’élite de l’élite ».
  • Recoupement effectué : Sur le passeport de Jean-Philippe Lafont, il est précisé que ce dernier est bien né à Saintes en 1965. Saintes est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime.
  • Dans un post du 19 février 2017 est publiée une capture d’écran de l’application téléphonique météo, l’opérateur est Zain IQ, l’un des opérateurs irakiens. La ville stipulée est Bagdad avec 4°C à 09h45. Le commentaire est « froid de canard ».
  • Recoupement effectué : Ce mois-ci, Jean-Philippe Lafont était bien en Irak, René Quinze aussi !
  • Dans un post du 29 novembre 2016, une photo d’un véhicule d’escorte de sécurité sur le tarmac de l’aéroport de Bagdad avec un commentaire « La bande à Bonnot au taquet… Mesopotamia ».
  • Recoupement effectué : Il s’agit bien d’un véhicule du parc utilisé par TCi, la société de Jean-Philippe Lafont, comme le montre le panneau indicatif fixé à l’arrière du Toyota Land Rover GRX blindé. Le numéro de licence de société de sécurité concédé par l’état Irakien à Gulf Shield, partenaire de TCi en Irak, est le numéro 122, c’est une règle locale très stricte afin de pouvoir identifier les véhicules de sécurité. Sur la photo diffusée sur le profil Facebook René Quinze, la traduction du texte en arabe est la suivante : « La compagnie de sécurité privée 122 », numéro de la plaque « 14536, voiture privée », et pour la plaque du bas, le texte visible indique « Irak-Al Basra », une source nous confirme bien que ce sont les véhicules de Gulf Shield basée à Bagdad et Bassora, utilisés aujourd’hui par… GEOS et Amarante. Comme nous pouvons le constater sur la photo présente sur le serveur web de la société Tara et disponible sur Google image et dont une copie se trouve dans la galerie ci-dessous ce sont les mêmes véhicules avec le même numéro de licence : 122.
  • Dans un post du 2 janvier 2017, ledit compte diffuse des photos du nuage de fumée formé au loin par les attentats suicides qui ont fait plus de 30 morts et une soixantaine de blessés. Trois photos seront successivement diffusées depuis plusieurs positions.
  • Recoupement effectué : Il s’agit bien des photos prises par Lafont, il va les envoyer le jour-même à plusieurs de ses contacts journalistiques avec son téléphone SFR.
  • Dans un post du 1er mars 2017, une photo prise depuis le hublot d’un avion la nuit avec le commentaire « Asian city vue ».
  • Recoupement effectué : JP Lafont se déplace souvent en Thaïlande pour ses activités de formation de la milice Karen à la frontière avec la Birmanie.
  • Dans un post du 12 mars 2017, un entrainement à la boxe thaï avec le commentaire « être et durer ».
  • Recoupement effectué : Des proches et des ex-collaborateurs le reconnaissent formellement, Lafont est un amateur de boxe thaï depuis des années.
  • Dans un post du 13 mars 2017, on voit une photo d’un béret et d’un écusson de la F.U.A (Federal Union Army), l’armée du peuple Karen, une rébellion de Birmanie.
  • Recoupement effectué : Photographies de JP Lafont avec les rebelles Karen et photos de formations ainsi que des diplômes signés de sa main.
  • Autres post recoupés effectués : Photographies dans les quartiers de Bagdad, cigares et tavernes thaïs, cartes de Bagdad, dont certaines stratégiques, photo de l’aéroport d’Amman en Jordanie, photographie des scènes d’attentat, photographies discrète des forces spéciales américaines depuis son véhicule …

Le compte Twitter « René Seize » (@Rseize) est-il à Jean-Philippe Lafont ?

Réponse : Oui, sans équivoque.

Pourquoi ? Nous pouvons l’affirmer grâce aux courriers électroniques récupérés par nos lanceurs d’alertes, en voici deux particulièrement explicites. Notamment l’un présenté avec la capture du tweet (toujours en ligne) du journal communautaire Tribune Juive qui exprime son agacement quant aux twits antisémites de @Rseize. Lafont s’en délecte dans un email signé : « Les youtres n’aiment pas mes twitts… »  en parlant de TJ, Tribune Juive.

 

 

1) Voici la galerie des captures du compte Facebook « René Quinze » aujourd’hui supprimé. Cette (courte) sélection de 48 documents porte sur le nazisme, l’admiration de la Waffen-SS, les insultes aux minorités et une xénophobie à son apogée. 

 

2) Voici la galerie des captures du compte Facebook « René Quinze » aujourd’hui supprimé et les différents documents qui lient Lafont à ses publications sur ledit compte.

Une enquête de :

Jean-Paul Ney à la coordination des informations et des sources; François Berg pour la partie juridique; Sarah W. pour les recherches documentaires et les traductions de documents en arabe; Emmanuelle Malik pour la veille Internet et réseaux sociaux.

La rédaction de LeWeek tient particulièrement à remercier les lanceurs d’alertes et nos sources sur lesquels repose le concept novateur de notre média. Ainsi ils peuvent être assurés et rassurés quant à la totale protection de leur identité et d’une immunité judiciaire que leur apportent les différentes lois européennes et françaises. Que cette enquête serve d’exemple pour fortifier les lanceurs d’alertes dans leur démarche empreinte de démocratie et de vérité. 

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Enquête spéciale

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