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Mika, vie et mort d’un agent de l’ombre

Le 17 juillet 2016, trois militaires de la DGSE (CPIS Perpignan) ont été tués en Libye lorsqu’un groupe islamiste de Magroun (65km à l’ouest de Benghazi) a tiré un SA-7 sur l’hélicoptère qui les transportait. Parmi eux, Mika. Portrait d’un gamin qui a donné sa vie.

Un portrait sur un agent su service action de la DGSE ? Mais pourquoi ? Pour comprendre, pour humaniser et incarner des « héros normaux » trop souvent caricaturés dans les films et les romans. Un portrait sans voyeurisme aucun, sans compromissions, sans poser de questions, ni chercher à en savoir plus sur les missions. Plusieurs de nos sources, dont des proches de Mika, nous ont raconté quelques bribes de la vie d’un jeune homme moderne tombé sur le champ d’honneur, pas de médailles, pas de publicité, vivre dans l’ombre et y mourir.

Avec ses joies, ses peines, ses passions, Mika était un gamin exemplaire, un bon vivant mais surtout un excellent opérateur pour la DGSE : « Ils sont des dizaines comme lui, mais pourtant j’ai vu deux types de profils arriver dans nos rangs avec autant de motivation, après le 11 septembre 2001 et après Charlie, Mika était l’un d’eux » explique une source à Paris. Un proche raconte : « Mika ne m’a jamais dit quel était son job, mais il était très impliqué, il se donnait à fond, je me doutais que c’était un job important pour notre sécurité. Il appelait les terroristes +les sales moustiques+ ».

Mika est décédé aux côté de son ami, Karl, ensemble ils s’étaient promis de veilleur l’un sur l’autre et sur leurs proches respectifs en cas de pépins. Des peurs, Mika en avait « mais il savait garder la tête froide, nous parlions beaucoup de ses frayeurs, j’étais un soutien moral, pourtant il ne m’a jamais évoqué ses missions, si jeune et si doué, il ne laissait rien filtrer et tant mieux, il était très heureux de sa promotion quand il a eu ce poste, je veux qu’on se souvienne de lui comme d’un héros ordinaire, mais un héros quand même » se souviennent deux copains très proches.

Mike aimait l’aventure et voyager, de pair avec son boulot à la DGSE : de Sacramento à la coupe de monde à Pretoria, du Mali jusqu’à la Birmanie, ses missions étaient diverses et variées « il a même un temps protégé Sharon Stone » confirme une amie très proche.

Dans sa famille, il y a des chevaux et l’Argentine, un vent de liberté pour Mika. Mais la tragédie fut la perte de son père d’un cancer il y a six ans. Sa mère possède une boulangerie, cette maman qui l’appelait souvent son « poulet shérif » depuis qu’il était gamin, toujours fière de son fiston, comme ce jour où Mika sauvera la vie d’un homme de la noyade en Polynésie, ce qui lui vaudra un tatouage à la jambe, tradition locale exige quand un homme en sauve un autre.

Moderne, passionné, toujours à l’écoute, discipliné mais avec ce brin de réflexion qui pousse à l’excellence en mission, les soupapes de décompression de Mika étaient variées : plongée, surf, les amis, la famille et les copines.

Un mec ordinaire est parti avec ses copains ordinaires. Les super-héros de la DGSE sont toujours des mecs ordinaires.

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